Comment un homme est sauvé
« Or, la foi est une ferme attente des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit point. »
Hébreux 11:1
Les gens se disent volontiers les uns aux autres d'avoir la foi. On le dit au chevet des malades, on le dit devant une tombe, on le dit avant un examen — et l'on ne précise presque jamais en quoi il faudrait avoir la foi. Le mot flotte ainsi tout seul, signifiant à peu près de l'optimisme, ou de la résolution, ou le refus de renoncer. Et comme l'Écriture emploie ce même mot pour désigner une chose entièrement différente, il arrive qu'un très grand nombre de personnes croient avoir la foi alors qu'elles n'en ont rien du tout, et qu'un très grand nombre d'autres croient en manquer alors qu'en réalité elles la possèdent.
Il vaut donc la peine d'être ici parfaitement exact. Cet article expose ce que la foi n'est pas, ce qu'elle est, d'où elle vient, et pourquoi la chose en laquelle vous vous confiez importe infiniment plus que la force du sentiment que vous éprouvez à son sujet.
Commençons par la confusion la plus répandue de toutes.
Commençons par écarter ce que la plupart des gens entendent par ce mot, car les confusions font de réels dégâts.
La foi n'est pas une chaleur dans la poitrine. Un homme peut ne rien ressentir du tout et être sauvé ; un autre peut pleurer à chaque cantique et être perdu. Les sentiments montent et descendent avec le sommeil, la santé, le temps qu'il fait et les nouvelles, et un salut qui fluctuerait avec eux ne vaudrait pas la peine d'être possédé.
L'Écriture ne demande jamais à un homme ce qu'il ressent. Elle lui demande en qui il se confie.
« Or, le juste vivra par la foi; mais, si quelqu'un se retire, mon âme ne prend point de plaisir en lui. » (Hébreux 10:38)
Bien des gens jugent de leur foi d'après la température de leurs émotions. Un dimanche où le chant les a émus, ils estiment leur foi bien forte. Un mardi gris où Dieu leur paraît lointain et où la prière semble n'être qu'un discours adressé au plafond, ils concluent aussitôt que leur foi est en train de défaillir.
Mais les sentiments montent et descendent avec le sommeil, la santé, le temps qu'il fait et les circonstances. Si la foi était un sentiment, alors la position d'un croyant devant Dieu changerait au gré de sa fatigue, et nulle personne sérieuse ne pourrait trouver de repos un seul jour.
La foi n'est pas ce que vous ressentez. Elle est ce sur quoi vous vous appuyez. Un homme qui traverse une rivière gelée peut être terrifié durant tout le trajet et se confier pourtant à la glace à chacun de ses pas — et c'est bien la glace, et non son sang-froid, qui le porte jusqu'à l'autre rive.
La deuxième confusion est plus respectable et fait davantage de dégâts, car incroyants et croyants la répètent également.
La caricature la plus répandue veut que la foi consiste à croire sans preuve — un saut dans le noir, d'autant plus méritoire qu'on a moins de raisons.
Ce n'est nullement le tableau biblique. L'Écriture en appelle constamment aux preuves et attend de celui qui écoute qu'il les pèse. Luc ouvre son Évangile en nommant ses sources et sa méthode. L'apôtre Paul énumère nommément les témoins de la résurrection et ajoute que la plupart sont encore vivants et peuvent être interrogés. Et les Béréens sont loués précisément pour avoir vérifié.
« Ceux-ci eurent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, et ils reçurent la Parole avec beaucoup de promptitude, examinant tous les jours les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. » (Actes 17:11)
La foi, dans l'Écriture, n'est pas une croyance sans fondement. C'est une confiance qui repose sur un fondement — et ce fondement est le caractère et la parole de Dieu.
On dit souvent que la foi commence là où les preuves s'arrêtent — que croire consisterait à fermer les yeux et à sauter, et que moins un homme a de raisons, plus sa foi serait admirable. Selon cette définition, la foi ne serait qu'une sorte de noble témérité, et la réponse honnête à cela est que personne ne devrait jamais exiger d'un homme une chose pareille.
Or l'Écriture ne recommande jamais rien de tel. Elle en appelle constamment aux preuves : au témoignage de la création, aux prophéties accomplies, à des témoins oculaires nommément désignés, à des signes accomplis ouvertement. L'apôtre Paul, se défendant devant un roi, déclara que les choses concernant Christ n'avaient point été faites en cachette. Et lorsque des hommes doutèrent de la résurrection, la réponse qu'on leur donna ne fut pas croyez plus fort, mais bien une liste de gens qui l'avaient vu, dont la plupart vivaient encore et qu'on pouvait donc interroger.
La foi biblique n'est nullement une croyance sans preuve. Elle est une confiance qui va au-delà de ce que nous pouvons voir, mais fondée sur ce qui nous a été montré. Le pas est bien réel, mais il se fait sur quelque chose, et non pas dans le vide.
Une troisième contrefaçon est fort répandue de notre temps. Elle traite la foi comme une force — comme si le fait de croire assez fort pouvait infléchir les circonstances, produire une guérison ou faire venir la prospérité. Ici la foi vise essentiellement un résultat, et c'est la vigueur de notre croyance qui est censée le produire.
La foi n'est pas davantage une technique permettant d'obtenir ce que l'on veut en y croyant assez fort.
Cet enseignement fait de la foi une monnaie et de Dieu un mécanisme : fournissez assez de conviction et le résultat souhaité doit suivre. On le trouve partout à la télévision religieuse, et il brise les gens, car lorsque la guérison ne vient pas ou que l'argent n'arrive pas, la faute doit être celle du croyant.
La foi biblique prend Dieu au mot sur ce qu'il a réellement promis. Elle ne fabrique pas des promesses qu'il n'a jamais faites.
« Et la confiance que nous avons en lui, c'est que, si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous exauce. » (1 Jean 5:14)
Selon sa volonté. La foi et la présomption regardent toutes deux vers le ciel ; une seule des deux écoute.
Remarquez bien ce que cela opère. Cela place le croyant au centre de tout et fait de Dieu un simple mécanisme. Et c'est d'une cruauté indicible envers ceux qui souffrent, car lorsque le résultat espéré ne vient pas, on dit au malade qu'il n'a pas assez cru — fardeau posé sur les épaules d'une personne déjà écrasée.
L'Écriture n'en sait absolument rien. Le grand chapitre consacré à la foi honore toute une liste de gens qui se sont confiés en Dieu et qui n'ont pas été délivrés — des hommes torturés, moqués, emprisonnés, sciés en deux, et qui sont morts en attendant encore.
« Tous ceux-là sont morts dans la foi, sans avoir reçu les choses promises, mais les ayant vues de loin, crues, et embrassées, et ayant fait profession d'être étrangers et voyageurs sur la terre. » (Hébreux 11:13)
Morts dans la foi, sans avoir reçu. Quoi que puisse être la foi, elle n'est manifestement pas une technique pour obtenir ce que nous désirons.
La dernière contrefaçon, et la plus dangereuse de toutes, est justement celle qui ressemble le plus à la chose véritable.
C'est la plus dangereuse des quatre confusions, parce qu'elle est la plus proche de la vérité.
Un homme peut tenir chaque article du credo pour historiquement exact et n'en être pas plus proche de Dieu. Une opinion juste n'est pas une confiance. L'Écriture le dit avec une franchise peu commune :
« Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils en tremblent. » (Jacques 2:19)
Les démons sont de parfaits monothéistes. Leur théologie vaut mieux que celle de la plupart des hommes — ils ont vu ce que les hommes ne font que lire — et elle n'en sauve aucun. L'assentiment n'est pas l'engagement.
Une personne peut tenir pour vraie chacune des doctrines chrétiennes. Elle peut être certaine que Dieu existe, que Christ est mort et ressuscité, que la Bible est la Parole de Dieu — et demeurer pourtant entièrement non sauvée. L'Écriture le dit sans détour : les démons croient qu'il y a un seul Dieu, et ils en tremblent. Leur théologie est impeccable. Leur doctrine est plus orthodoxe que celle de la plupart des gens. Et ils sont perdus.
Ainsi l'assentiment intellectuel, si complet soit-il, n'est nullement la foi qui sauve. Il y a une différence entre croire qu'un chirurgien est compétent et s'étendre sur sa table d'opération. La première chose n'est qu'une opinion. La seconde vous engage tout entier.
Voici maintenant la définition que l'Écriture en donne, et c'est la plus compacte de toute la Bible :
« Or, la foi est une ferme attente des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit point. » (Hébreux 11:1)
Deux mots portent ce verset. Assurance — la foi donne une solidité présente à ce qui est encore à venir. Démonstration — c'est la conviction arrêtée de ce que l'œil ne peut encore voir.
L'image la plus simple est celle d'une chaise. Vous pouvez l'examiner, en approuver la fabrication, croire qu'elle vous portera — et rester debout. La foi, c'est de s'asseoir. Rien n'a changé dans la chaise ; tout a changé dans votre rapport à elle.
Abraham en est le modèle dans l'Écriture, et voyez ce qui lui est porté au compte :
« Et il n'eut ni doute ni défiance à l'égard de la promesse de Dieu, mais il fut fortifié par la foi, et il donna gloire à Dieu, Étant pleinement persuadé que ce qu'il promet, il peut aussi l'accomplir. C'est pourquoi cela lui fut imputé à justice. » (Romains 4:20-22)
Pleinement persuadé que ce qu'il a promis, il peut aussi l'accomplir. Voilà toute l'anatomie de la foi : elle se détourne d'elle-même vers Celui qui a promis, et se repose sur sa puissance à lui plutôt que sur sa propre force.
« Or, la foi est une ferme attente des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit point. » (Hébreux 11:1)
Deux mots en portent tout le poids.
Ferme attente — le terme original désigne ce qui se tient dessous, un fondement ; c'était aussi le mot ordinaire pour un titre de propriété, ce document qui garantit à un homme un bien qu'il possède réellement sans en avoir encore pris possession. La foi donne ainsi une solidité présente à une promesse future. Le croyant ne voit pas encore le ciel, mais il en tient déjà le titre en main.
Démonstration — le mot appartient au vocabulaire juridique et signifie preuve ou conviction, la démonstration qui tranche définitivement une cause. La foi n'est donc pas l'absence de preuve ; elle est une persuasion arrêtée, produite par le caractère digne de foi de Celui qui a parlé.
Prises ensemble, ces deux idées font de la foi une confiance assurée en Dieu et en ce qu'il a dit, si ferme que l'invisible y est traité comme parfaitement réel — parce que lui l'a dit, et qu'il ne saurait mentir.
Il est utile de séparer ce que l'on confond d'ordinaire, car la plupart des gens qui doutent d'avoir la foi se sont en réalité arrêtés à la deuxième étape.
Les anciens docteurs la divisaient en trois, et cette division est utile parce qu'un homme peut y situer exactement l'endroit où il s'est arrêté.
La connaissance. Il faut savoir quelque chose avant de pouvoir le croire. La foi a un contenu ; ce n'est pas une vague révérence.
« La foi vient donc de ce qu'on entend; et ce qu'on entend, vient de la parole de Dieu. » (Romains 10:17)
L'assentiment. Il faut accepter que ce que l'on sait soit vrai — que vous êtes pécheur, que Christ est mort pour les pécheurs, qu'il est ressuscité.
La confiance. Et c'est ici que la plupart s'arrêtent. C'est l'engagement — le fait de faire reposer tout le poids de votre éternité sur lui personnellement. La connaissance et l'assentiment peuvent se tenir à bout de bras. La confiance, non.
« C'est pour cela aussi que je souffre ces choses; mais je n'en ai point honte, car je sais en qui j'ai cru, et je suis persuadé que par sa puissance il gardera mon dépôt jusqu'à ce jour-là. » (2 Timothée 1:12)
Remarquez que l'apôtre Paul ne dit pas je sais ce que j'ai cru. Il dit en qui.
La connaissance. Il faut connaître une chose avant de pouvoir la croire. La foi a donc un contenu. Un homme ne saurait se confier en un Sauveur dont il n'a jamais entendu parler, et c'est très exactement pourquoi l'Évangile doit être prêché.
L'assentiment. Il faut ensuite accepter que ce contenu soit véritable — que ce ne sont pas là de simples affirmations intéressantes, mais bien des faits. C'est ici que beaucoup s'arrêtent, et s'arrêter là, c'est se trouver dans la condition même des démons.
La confiance. Il faut enfin se remettre soi-même à la Personne que ces faits concernent — faire reposer sur elle tout son poids, sans rien garder en réserve comme solution de rechange.
La vieille illustration demeure encore la plus claire de toutes. S'asseoir sur une chaise met en jeu ces trois éléments. Vous savez que la chaise est là. Vous jugez qu'elle est assez solide pour vous porter. Mais vous n'êtes pas encore assis tant que vous n'avez pas ôté votre poids de vos propres jambes pour le lui confier. Bien des gens passent des années entières à admirer la chaise.
Voici le point qui soulage plus d'âmes inquiètes que tout le reste de cet article ; lisez-le donc lentement.
C'est ici que les âmes inquiètes trouvent le plus de secours ; il vaut donc la peine d'insister.
La foi ne sauve pas parce qu'elle est forte, mais à cause de ce qu'elle saisit. La valeur est dans l'objet, non dans la poigne.
« Et Jésus leur répondit: C'est à cause de votre incrédulité; car je vous dis en vérité que si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle s'y transporterait, et rien ne vous serait impossible. » (Matthieu 17:20)
Un grain de sénevé. Il n'a pas exigé une grande foi ; il a exigé une foi réelle en un grand Dieu.
Une foi faible sur une glace solide fera traverser la rivière à un homme. Une foi forte sur une glace mince le noiera. C'est la glace qui décide de l'issue, non l'assurance de celui qui marche dessus.
Et le cri honnête d'un cœur partagé fut reçu sans reproche :
« Aussitôt le père de l'enfant s'écriant, dit avec larmes: Je crois, Seigneur, aide-moi dans mon incrédulité. » (Marc 9:24)
Cet homme s'est contredit en une seule phrase, et son fils fut guéri.
Ce n'est pas la foi qui sauve. C'est Christ qui sauve. La foi n'est que la main vide qui le reçoit.
Cela signifie que la puissance ne réside nullement dans la vigueur de votre croyance, mais dans le caractère digne de foi de Celui que l'on croit. Une foi faible posée sur une glace solide fera traverser la rivière à un homme. Une foi forte posée sur une glace mince le noiera. Ce qui compte n'est pas l'assurance du voyageur, mais l'épaisseur de la glace.
Le Seigneur Jésus-Christ l'a dit explicitement lorsqu'il a parlé d'une foi comme un grain de sénevé — la plus petite chose du jardin. Il ne fixait nullement une quantité minimale ; il disait que la quantité n'est pas du tout la question.
La question à se poser n'est donc jamais : est-ce que je crois assez ? — question à laquelle il n'existe aucune réponse possible, et qui vous tourmentera à jamais. La question est celle-ci : en qui suis-je en train de me confier ? Une main tremblante peut recevoir un don tout aussi véritablement qu'une main ferme.
Et l'Écriture nous donne une prière modèle pour cette condition exacte. Un père désespéré, à qui l'on demandait s'il croyait, s'écria qu'il croyait — et dans le même souffle il demanda au Seigneur de venir en aide à son incrédulité. Les deux choses étaient vraies de lui à la fois. Le Seigneur ne le reprit pas et ne le renvoya pas se procurer davantage de conviction. Il l'exauça.
Cet homme-là est le patron de tout douteur honnête qui ait jamais désiré croire plus qu'il ne croit.
Si la foi est requise, et si nous ne la possédons pas naturellement, la question qui se pose aussitôt est de savoir comment on l'obtient. L'Écriture y répond très clairement :
Si la foi est requise et que je n'en ai point, que faire alors ? L'Écriture répond qu'elle ne se fabrique pas mais qu'elle est donnée.
« Car vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi; et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu; » (Éphésiens 2:8)
Et elle vient par un moyen, ce qui explique pourquoi le remède à une foi faible n'est jamais de s'efforcer davantage de croire :
« La foi vient donc de ce qu'on entend; et ce qu'on entend, vient de la parole de Dieu. » (Romains 10:17)
La foi ne se convoque pas par la concentration. Elle croît là où la Parole est entendue et lue. L'homme qui en veut davantage devrait cesser de se crisper et ouvrir le Livre.
« Regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, méprisant l'ignominie, à cause de la joie qui lui était proposée, a souffert la croix, et s'est assis à la droite du trône de Dieu. » (Hébreux 12:2)
Auteur et consommateur. Il la commence et il l'achève. Il ne vous appartenait pas de la faire naître.
« La foi vient donc de ce qu'on entend ; et ce qu'on entend, vient de la parole de Dieu. » (Romains 10:17)
Voilà qui est extrêmement pratique. La foi ne se produit ni en se concentrant, ni en s'efforçant de se sentir plus certain, ni en attendant quelque expérience mystérieuse. Elle vient par le contact avec ce que Dieu a dit.
Ce qui signifie qu'une personne qui voudrait croire et n'y parvient pas dispose d'une marche à suivre parfaitement claire. Non pas s'efforcer davantage de croire, ce qui revient à vouloir s'endormir par un effort de volonté. Mais bien plutôt : lire les Évangiles. Les lire lentement et honnêtement, en se demandant si la Personne qui y est décrite aurait jamais pu être inventée. La foi croît comme croît une plante — non point par la tension de l'effort, mais en étant placée là où se trouve la lumière.
Et cela explique aussi pourquoi la foi n'est pas une œuvre que nous accomplirions pour gagner quelque chose. Si la foi était un acte méritoire, nous pourrions nous en glorifier, et l'Écriture affirme avec force que nul ne se glorifiera. La foi est le fait de recevoir, et non pas celui de gagner :
« Car vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi ; et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu ; Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2:8-9)
On oppose souvent ici deux passages de l'Écriture l'un à l'autre, et ce conflit apparent trouble bien des lecteurs sincères. L'un dit qu'un homme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi. L'autre dit que la foi sans les œuvres est morte, et qu'un homme est justifié par les œuvres et non par la foi seulement.
Le conflit apparent entre l'apôtre Paul et Jacques en trouble beaucoup, et il se dissout dès que l'on voit à quelle question chacun répond.
L'apôtre Paul répond à la question : comment un pécheur est-il justifié devant Dieu ? Sa réponse : par la foi, sans les œuvres.
« Nous concluons donc que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. » (Romains 3:28)
Jacques répond à une tout autre question : comment savons-nous qu'une foi professée est réelle ? Sa réponse : par ce qu'elle produit.
« Il en est de même de la foi, si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. » (Jacques 2:17)
Les deux ne sont pas rivaux. L'un énonce la racine, l'autre en vérifie la présence. Une foi vivante travaille comme un homme vivant respire — et nul ne respire afin de devenir vivant.
Remarquez aussi qu'ils prennent tous deux Abraham pour exemple et citent tous deux le même verset. Ils ne s'opposent pas ; ils décrivent le même homme par deux côtés.
La difficulté se résout sans peine dès que l'on sépare les deux questions posées.
L'apôtre Paul répond à celle-ci : comment un pécheur est-il mis en règle avec Dieu ? Et la réponse est : par la foi seule, en dehors de toute œuvre — sa preuve étant Abraham, qui fut déclaré juste avant d'avoir accompli quoi que ce fût.
Jacques, lui, répond à une tout autre question : comment peut-on savoir si une foi professée est véritable ? Sa réponse est qu'une foi vivante produit toujours quelque chose. Il n'écrit nullement à des hommes qui se confieraient trop en Christ ; il écrit à des hommes qui prétendaient croire et dont la vie ne montrait rien du tout.
Les deux s'accordent donc parfaitement. La foi seule sauve — mais la foi qui sauve n'est jamais seule. Un arbre vivant produit du fruit. Ce n'est certes pas le fruit qui a rendu l'arbre vivant, et il ne le pourrait pas ; mais un arbre qui ne produit rien, année après année, est raisonnablement soupçonné d'être mort.
Les œuvres ne sont donc nullement la racine du salut. Elles en sont la preuve. Nul n'est sauvé par son fruit, et nul n'est véritablement sauvé sans en porter aucun.
L'Écriture rattache plusieurs choses à la foi, et il vaut la peine de les nommer, car elles constituent l'héritage ordinaire de tout croyant.
« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ, » (Romains 5:1)
« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; mais celui qui désobéit au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3:36)
« Afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3:15)
La paix avec Dieu. La vie éternelle. Ne point périr. Aucune de ces choses n'est présentée comme une perspective à mériter plus tard ; chacune est énoncée comme la possession présente de celui qui croit.
« Parce que tout ce qui est né de Dieu, est victorieux du monde, et la victoire qui a vaincu le monde, c'est notre foi. » (1 Jean 5:4)
Elle apporte la paix avec Dieu.
« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus-Christ. » (Romains 5:1)
Non pas simplement des sentiments paisibles — mais bien une guerre terminée. L'hostilité a pris fin, et elle a pris fin du côté de Dieu.
Elle est le seul moyen de lui plaire.
« Or, il est impossible de lui être agréable sans la foi, car il faut que celui qui s'approche de Dieu, croie que Dieu est, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11:6)
Notez bien combien l'exigence en est modeste : croire qu'il est, et qu'il récompense ceux qui le cherchent. Non pas tout un système de théologie. Simplement assez pour venir à lui.
Et elle donne une certitude qui repose en dehors de vous-même. L'apôtre Paul, attendant son exécution, n'a pas écrit qu'il savait ce qu'il croyait, ni avec quelle force il le croyait. Il a écrit qu'il savait en qui il avait cru, et qu'il était persuadé que celui-là avait la puissance de garder ce qu'il lui avait confié. Toute son assurance reposait sur une Personne, et elle a tenu jusqu'au bout.
Si tout ceci a été clair, alors le dernier pas n'a rien de compliqué. La foi n'est pas une disposition d'âme qu'il faudrait susciter en soi ; c'est une décision de se reposer sur Quelqu'un.
« Car il n'y a point de distinction, puisque tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3:23)
« Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 6:23)
« Mais Dieu fait éclater son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:8)
Puis vient l'instruction la plus simple qui ait jamais été donnée à un homme demandant ce qu'il devait faire pour être sauvé — une seule phrase, sans aucune autre condition que celle-là :
« Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. » (Actes 16:31)
« Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom. » (Jean 1:12)
Si vous attendez que votre foi vous paraisse enfin assez forte, vous attendrez toujours, car ce n'est nullement cela qui la rend valable. Et si vous attendez que toutes vos questions aient trouvé réponse, vous attendrez tout aussi longtemps, puisque nul n'a jamais obtenu réponse à toutes ses questions sur quoi que ce soit.
La foi n'est pas la certitude touchant toutes choses. Elle est l'appui pris sur Quelqu'un qui s'est montré digne de confiance dans les choses que l'on peut vérifier — et qui a déclaré qu'il ne mettrait jamais dehors aucun de ceux qui viennent à lui.
Vous n'avez pas besoin de plus de foi. Vous avez besoin de poser la foi que vous avez déjà sur la bonne Personne, et de le laisser vous porter.
« Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. »Actes 16:31
Bien des détresses inutiles viennent de ce qu'on attend de la foi un travail qui ne lui a jamais été confié.
Elle n'est pas tenue de dissiper tout doute. Le doute et l'incrédulité ne sont pas la même chose. L'incrédulité refuse ; le doute vacille tout en tenant encore. Thomas a douté et n'a pas été rejeté ; il a reçu la preuve qu'il demandait.
Elle n'est pas tenue d'être constante. Pierre a marché sur les eaux puis a enfoncé, dans le même épisode, et la main qui l'a saisi était là dans les deux cas.
« Et aussitôt Jésus étendit la main, et le prit, lui disant: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » (Matthieu 14:31)
Voyez ce qui s'est passé entre le reproche et le sauvetage. Il l'a saisi d'abord. La correction est venue de l'intérieur de la prise.
Elle n'est pas tenue de produire un sentiment. Vous pouvez vous confier entièrement à un chirurgien et redouter l'opération. La confiance est dans la salle d'opération, non dans le calme.
Et elle n'est pas tenue de se soutenir elle-même. La foi qui sauve est gardée par Celui sur qui elle repose.
« Qui, dans la puissance de Dieu, sommes gardés par la foi, pour le salut, qui est prêt à être manifesté dans les derniers temps. » (1 Pierre 1:5)
L'Écriture oppose ces deux choses, et ce contraste explique bien des aspects de la vie chrétienne.
« (Car nous marchons par la foi, et non par la vue. ) » (2 Corinthiens 5:7)
Marcher par la vue, c'est agir d'après ce qui se voit et se mesure maintenant. Marcher par la foi, c'est agir d'après ce que Dieu a dit, lorsque ce qui se voit paraît le contredire.
Hébreux 11 est un chapitre rempli de gens qui ont fait exactement cela. Noé a bâti pour un déluge que nul n'avait vu. Abraham a quitté un pays établi pour un lieu qu'il ne pouvait nommer. Moïse a renoncé à un palais pour un peuple en esclavage. Pas un seul d'entre eux n'avait le résultat en main lorsqu'il s'est mis en marche.
« Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit, pour aller au pays qu'il devait recevoir en héritage, et partit, ne sachant où il allait. » (Hébreux 11:8)
Sans savoir où il allait. Il savait Qui avait parlé ; il ne savait pas où il allait. C'est la condition ordinaire de la foi, et elle n'a pas changé.
Et le chapitre est honnête sur ce qu'il en coûte. Tous n'ont pas été délivrés :
« D'autres passèrent par l'épreuve des moqueries et des verges; et même des liens et de la prison: » (Hébreux 11:36)
« Et tous ceux-là, ayant obtenu un bon témoignage par leur foi, n'ont point remporté les biens promis; » (Hébreux 11:39)
Ils sont morts sans l'avoir reçue, et l'Écriture appelle cela de la foi aussi — ce qui démolit tranquillement l'enseignement selon lequel la foi se mesurerait aux résultats.
L'Écriture décrit plusieurs sortes de croyance qui restent en deçà, et il vaut la peine de savoir les reconnaître.
Une croyance produite par les seuls miracles. Une foule crut après avoir vu des signes, et il ne se fia point à elle :
« Pendant qu'il était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous, » (Jean 2:23-24)
Une croyance qui ne veut rien coûter. La semence tombée sur le roc leva promptement, n'avait point de racine, et sécha dès que le soleil parut — image d'un enthousiasme qui n'a jamais calculé ce qu'il pourrait en coûter.
Une croyance jamais confessée. Plusieurs parmi les chefs crurent en lui, et ne voulurent pas le dire :
« Cependant plusieurs, des principaux même, crurent en lui; mais ils ne le confessaient point, à cause des pharisiens, de peur d'être chassés de la synagogue. Car ils aimèrent plus la gloire qui vient des hommes, que la gloire de Dieu. » (Jean 12:42-43)
Voilà un verset qui donne à réfléchir, et il en nomme la raison sans détour : ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu.
Le critère est le même dans tous les cas. Non pas la manière dont la croyance a commencé, ni ce qu'elle a fait ressentir, ni la quantité qu'on en possède — mais de savoir si tout le poids repose véritablement sur Christ, ou encore sur l'homme lui-même.
Notre Père céleste plein de grâce, nous venons nous présenter devant Ton trône de grâce par le nom précieux et par le mérite parfait de notre Seigneur Jésus-Christ, qui seul a ouvert le chemin qui mène jusqu'à Ta présence.
Nous Te rendons grâces pour Ton Fils bien-aimé, et pour Celui qui est l'auteur et le consommateur de la foi. Nous Te louons également pour Ta Parole préservée, laquelle déclare : « La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Dieu » (Romains 10:17), et qui ne saurait être anéantie.
Nous confessons devant Toi d'avoir si souvent mis notre confiance dans notre foi au lieu de la mettre en Toi. Pardonne-nous, nous T'en supplions, et purifie-nous entièrement, car Tu es fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et pour nous purifier de toute iniquité.
Nous Te supplions pour toute âme qui lit ces lignes et qui est encore sans Christ. Envoie Ton Saint-Esprit afin de la convaincre de péché, de justice et de jugement ; ouvre son intelligence aux Écritures ; ôte de ses yeux le voile qui les couvre ; et attire-la vers Ton Fils avant même que ce jour ne s'achève.
Fortifie Ton peuple qui la lira. Console ceux qui sont découragés, affermis ceux qui chancellent, relève ceux qui sont tombés, et fais que nul ne s'en aille d'ici les mains vides. Et sers-Toi de ce message pour détourne chaque lecteur de la confiance en lui-même vers la confiance en Ton Fils, pour Ta gloire et non pour la nôtre.
Nous Te demandons tout cela, ô Dieu, notre saint Père céleste, au nom précieux de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par la puissance et l'onction du Saint-Esprit. Amen.
Avant de fermer cette page, il est une question qui compte bien davantage que tout ce que vous venez de lire : si vous mouriez cette nuit, savez-vous où vous seriez ?
Nul ne saurait être sauvé en adhérant à une église, en se faisant baptiser, en donnant de l'argent, ni même en menant une vie parfaitement honnête. Le salut n'est nullement un salaire que l'on gagne à la sueur de son front ; c'est un don gratuit que l'on reçoit. Nous avons tous péché, le salaire du péché c'est la mort, et il existe un enfer réel préparé pour le péché — mais le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort sur la croix à la place même du pécheur, a été enseveli, et est ressuscité le troisième jour selon les Écritures.
Si vous vous reconnaissez pécheur, et que vous soyez disposé à vous détourner de votre péché et à vous confier en Lui seul, alors parlez à Dieu dès maintenant. Il n'existe aucune formule magique — mais si ces paroles sont le cri de votre cœur, priez-les et pensez-les :
Ô Dieu saint et tout-puissant, je viens à Toi tel que je suis, sans rien cacher. Je confesse que je suis pécheur. J'ai transgressé Ta loi, je me suis détourné pour suivre ma propre voie, et je mérite le jugement et le feu éternel que mon péché a mérités. Je ne puis en aucune façon me sauver moi-même, et je ne T'apporte rien.
Je crois que le Seigneur Jésus-Christ est Ton Fils ; qu'Il m'a aimé et qu'Il est mort sur la croix à ma place, versant Son sang précieux pour mes péchés ; qu'Il a été enseveli, et qu'Il est ressuscité le troisième jour.
Ici et maintenant, je me détourne de mon péché de tout mon cœur, et je me confie en Lui seul — non en mes œuvres, non en ma religion, non en ma bonté — pour me sauver. Seigneur Jésus, entre dans mon cœur, pardonne mon péché, et sois mon Sauveur dès cet instant et pour toujours.
Au nom précieux de notre Seigneur Jésus-Christ je prie. Amen.
1. Dites-le à quelqu'un aujourd'hui même. « Si tu confesses de ta bouche que Jésus est le Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10:9).
2. Commencez à lire la Bible. Débutez par l'Évangile selon Jean, puis lisez les Actes, puis l'épître aux Romains. Lisez-en un peu chaque jour. « Désirez avec ardeur le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen » (1 Pierre 2:2).
3. Parlez chaque jour à votre Père. Vous pouvez désormais venir à Lui avec une pleine confiance, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Aucun rendez-vous n'est nécessaire, ni la permission d'aucun homme.
4. Trouvez une église qui croit la Bible, et faites-vous baptiser. Non pas pour être sauvé — vous l'êtes déjà — mais bien par obéissance, et comme confession publique de ce qui vient de vous arriver.
5. Reposez-vous en ceci, et ne soyez pas ébranlé par vos sentiments. « Celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, et il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24). Vous pécherez encore ; et lorsque cela arrivera, confessez-le aussitôt et poursuivez votre route — « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).