La vie chrétienne
« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière sur mon sentier. »
Psaumes 119:105
Un très grand nombre de gens qui croient que la Bible est la Parole de Dieu ne l'ont pourtant jamais lue. Ils en possèdent une, parfois même plusieurs. Ils en ont entendu des portions lues à voix haute durant des années entières. Ils vous diraient volontiers qu'elle est vraie et se sentiraient mal à l'aise devant quiconque prétendrait le contraire. Mais ils ne se sont jamais assis pour la lire eux-mêmes d'un bout à l'autre, et si on les pressait un peu, ils seraient incapables de dire ce que contient la plus grande partie.
Les raisons en sont d'ordinaire fort honnêtes. Le livre est fort long. Certaines parties en sont difficiles. Les tentatives précédentes ont échoué quelque part dans le désert, au milieu des mesures du tabernacle, et furent discrètement abandonnées. Et sous tout cela demeure le soupçon qu'il s'agirait là d'un livre réservé aux spécialistes, et que les gens ordinaires seraient mieux servis en se le faisant expliquer.
C'est justement cette dernière idée que le présent article a été écrit pour détruire.
Il y a dans le Nouveau Testament un petit récit qui tranche la question, et il vaut la peine de remarquer exactement ce qui y est loué.
Pendant la plus grande partie de l'histoire chrétienne, les gens ordinaires ne le pouvaient pas. Les exemplaires étaient rares et copiés à la main, peu savaient lire, et durant une longue période le texte fut gardé dans une langue que le laboureur ne parlait pas. Des hommes ont été brûlés pour l'avoir traduit.
Vous pouvez la tenir ce soir dans votre main, dans votre propre langue, et le plus grand danger n'est plus qu'on vous l'enlève, mais qu'elle demeure fermée sur une étagère.
Et il faut que ce soit vous qui la lisiez. Non pas seulement votre pasteur, non pas seulement l'auteur d'une méditation qui vous la résume. Ce sont là des secours, et ils sont bons ; ce ne sont pas des substituts.
« Ceux-ci eurent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, et ils reçurent la Parole avec beaucoup de promptitude, examinant tous les jours les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. » (Actes 17:11)
Remarquez ce qui leur est loué. Non pas le scepticisme — ils reçurent la parole avec empressement. Mais ils vérifiaient, chaque jour, dans les Écritures, et cela leur fut compté à noblesse.
« Ceux-ci eurent des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, et ils reçurent la Parole avec beaucoup de promptitude, examinant tous les jours les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. » (Actes 17:11)
Considérez bien toute la situation. L'homme qui leur prêchait était un apôtre. Si quelqu'un dans toute l'histoire pouvait s'attendre à ce qu'on le crût sur parole, c'était bien lui. Et pourtant ces auditeurs ne se contentèrent nullement de sa parole. Ils rentrèrent chez eux et allèrent vérifier par eux-mêmes.
Remarquez maintenant le verdict que l'Écriture porte sur cette conduite. Elle ne les traite ni de méfiants, ni de gens difficiles, ni de personnes manquant de respect pour l'autorité. Elle les appelle plus nobles — et ce qui est loué, c'est précisément qu'ils ont vérifié la prédication contre le texte.
Deux conséquences en découlent. D'abord, aucun docteur, si doué soit-il, ne doit être cru pour la seule raison qu'il est assuré et beau parleur. Ensuite, le croyant ordinaire n'est pas seulement autorisé à vérifier : on attend de lui qu'il le fasse. Chaque erreur sérieuse qui ait jamais troublé l'Église a dépendu de ce que les gens ne lisaient pas par eux-mêmes.
Et cette vérification est bel et bien possible, ce qui est tout le point de la chose. Dieu n'a pas écrit un livre que seuls des spécialistes pourraient suivre. Il a écrit à des bergers, à des pêcheurs et à des esclaves, dont la plupart ne savaient pas lire du tout et se le faisaient lire, et il attendait d'eux qu'ils le comprissent.
L'Écriture se décrit elle-même en termes de nourriture bien plus souvent qu'en termes d'étude. Il est dit aux nouveaux croyants de désirer le lait pur de la Parole comme les enfants nouveau-nés désirent le lait. Et le Seigneur Jésus-Christ, refusant du pain au désert, déclara que l'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
« Désirez avec ardeur, comme des enfants nouvellement nés, le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen. » (1 Pierre 2:2)
L'image est voulue. Nul n'apprend à un nourrisson à désirer le lait ; l'appétit vient avec la vie. Si l'appétit est entièrement absent, cela mérite qu'on y réfléchisse avant toute autre chose.
« Mais Jésus répondit: Il est écrit: L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:4)
« Dès que j'ai trouvé tes paroles, je les ai dévorées; et tes paroles sont la joie et l'allégresse de mon cœur. Car ton nom est invoqué sur moi, Éternel, Dieu des armées! » (Jérémie 15:16)
Et la nourriture agit comme agit la nourriture. Vous ne vous souvenez pas de la plupart des repas que vous avez pris, et vous êtes vivant grâce à eux. Un homme qui dit avoir oublié ce qu'il a lu le mois dernier n'a pas perdu son mois.
Cette comparaison-là mérite d'être prise tout à fait au sérieux, car elle change ce qui compte pour une réussite.
Nul ne prend jamais un repas afin de pouvoir ensuite le décrire. Un homme peut fort bien être incapable de se rappeler ce qu'il a soupé il y a trois mardis, et vivre pourtant grâce à ce repas-là. Il en va exactement de même pour l'Écriture. La question, après une matinée de lecture, n'est pas de savoir si vous pouvez résumer le chapitre, mais si vous avez été nourri.
Cela soulage d'un grand découragement bien inutile. Beaucoup de gens abandonnent parce qu'ils ont le sentiment de ne rien retenir. Mais la nourriture agit de manière cumulative et le plus souvent invisible, et le croyant qui lit régulièrement pendant un an s'apercevra au bout du compte qu'il pense autrement — sans pouvoir désigner le jour où cela s'est produit.
Ne commencez surtout pas par la Genèse en cherchant à tout lire d'affilée. C'est ainsi que la plupart des tentatives échouent, d'ordinaire vers le troisième livre. La Bible est une bibliothèque, et non pas un roman, et ses livres n'ont pas été rangés dans l'ordre dont un nouveau lecteur a le plus besoin.
Ne commencez pas à Genèse 1 avec l'intention de lire d'un bout à l'autre. C'est ainsi que la plupart commencent et ainsi que la plupart s'arrêtent, quelque part au milieu du Lévitique.
Commencez par l'Évangile de Jean. Il fut écrit précisément pour cela, et il le dit :
« Et ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie par son nom. » (Jean 20:31)
Puis les Actes, qui poursuivent le récit et montrent ce que les premiers croyants ont réellement fait. Puis l'épître aux Romains, qui expose l'Évangile dans l'ordre. Puis les Psaumes, un peu à la fois, à côté de ce que vous lisez par ailleurs — ils vous donneront des mots pour des choses que vous ne sauriez dire autrement.
Après cela vous pourrez aller partout. Mais faites d'abord entrer ces quatre-là en vous.
Commencez plutôt par l'Évangile selon Jean. Il fut écrit expressément afin que les lecteurs croient, et il le dit lui-même. Il est simple à lire, il avance sans lourdeur, et il porte sur une Personne plutôt que sur un système.
Lisez ensuite les trois autres Évangiles, puis les Actes, qui vous apprennent ce que firent les premiers chrétiens et comment le message se répandit.
Prenez alors l'épître aux Romains, qui expose dans l'ordre toute l'argumentation de l'Évangile — la culpabilité de l'homme, le remède de Dieu, et la vie qui en découle.
Parallèlement à tout cela, lisez un psaume et un chapitre des Proverbes la plupart des jours. Les Psaumes vous apprendront à parler à Dieu dans toutes les conditions de l'âme, y compris celles dont on ne parle jamais à l'église. Les Proverbes vous apprendront à vivre sagement parmi les hommes.
Les livres historiques de l'Ancien Testament et les prophètes prendront bien davantage de sens une fois que vous connaîtrez la Personne dont tout le livre parle, et voilà pourquoi ils viennent plus tard plutôt qu'en premier.
Trois questions seulement mèneront un lecteur ordinaire fort loin, et on peut les poser à n'importe quel passage.
Quatre questions, posées à n'importe quel passage, vous mèneront plus loin que la plupart des commentaires.
Qui parle, et à qui ? Une promesse faite à Israël au désert n'est pas automatiquement une promesse pour vous ce mardi. Rien ne produit plus de déception que de réclamer ce qui ne nous fut jamais adressé.
Que dit-il réellement ? Lisez les mots qui sont là avant de décider de ce qu'ils veulent dire. Une part surprenante des erreurs vient d'un verset dont on se souvient légèrement de travers.
Que lui fait le contexte ? Lisez les versets de part et d'autre. La plupart des versets maltraités le sont parce qu'on les a arrachés.
Et que dit-il au sujet de Dieu ? Chaque passage vous apprend quelque chose de son caractère, et cela vaut d'être recueilli même dans un chapitre de généalogies.
« Efforce-toi de te montrer éprouvé devant Dieu, comme un ouvrier irréprochable, dispensant avec droiture la parole de la vérité. » (2 Timothée 2:15)
Que dit-il réellement ? Avant de décider ce qu'il signifie, assurez-vous de ce qu'il dit. Lisez-le donc deux fois de suite. Remarquez qui parle, à qui, et de quoi. Une proportion surprenante des confusions vient de ce que les gens répondent à une question que le texte n'a jamais soulevée.
Que signifie-t-il ? Prenez toujours le sens simple, à moins que le passage lui-même ne signale le contraire. L'Écriture emploie des figures, et elle vous avertit d'ordinaire lorsqu'elle le fait. Mais le lecteur qui se met en quête de sens cachés finira par y trouver exactement ce qu'il y aura lui-même apporté.
Qu'exige-t-il de moi ? Voilà bien la question qu'on saute le plus souvent, et la lecture n'est pas achevée sans elle. Y a-t-il là une promesse sur laquelle se reposer, un commandement à obéir, un avertissement à écouter, quelque chose de Dieu à admirer ?
Et voici une précaution qui épargne bien des ennuis : lisez les versets dans leur entourage. Presque tout usage gravement abusif de la Bible dépend d'une phrase arrachée à ce qui la précède et à ce qui la suit. Si un verset semble enseigner une chose que le reste de l'Écriture nie, c'est la lecture qui est en faute.
Un principe supplémentaire mérite bien une section à lui tout seul, car il résout plus de contradictions apparentes que tout le reste.
S'il est une chose qui dissipe plus de confusions que toute autre, c'est celle-ci : tout dans la Bible ne vous est pas adressé.
Tout y est pour vous — écrit pour votre instruction, utile, inspiré de Dieu. Mais tout n'est pas écrit à vous. Les instructions données à Noé au sujet d'une arche, à Israël au sujet des sacrifices, aux disciples avant la croix de ne pas aller vers les nations — ce sont des Écritures, et ce ne sont pas vos ordres de marche.
« Or, tout ce qui a été écrit autrefois, a été écrit pour notre instruction, afin que, par la patience et la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance. » (Romains 15:4)
Écrit d'avance, et écrit pour notre instruction. Les deux moitiés comptent.
Demandez donc de chaque commandement : s'adresse-t-il à Israël sous la loi, aux disciples avant la croix, ou à l'Église en ce temps présent ? Répondez à cela, et la moitié de vos difficultés se dissoudront sans que personne ait à vous les expliquer.
L'Écriture dit à l'ouvrier de dispenser droitement la parole de la vérité — littéralement, de la couper droit, comme un homme trace une ligne droite. Cela implique que la Bible comporte en elle-même des divisions, et qu'un lecteur qui les ignore se rendra malheureux, lui et les autres.
En voici donc la forme la plus simple qui soit. Tout ce qui est dans la Bible est pour vous, mais tout ce qui est dans la Bible ne vous est pas adressé.
Les instructions données à Israël touchant les sacrifices, les fêtes et un sacerdoce furent données à un peuple particulier, à une époque particulière, sous une économie qui a depuis trouvé son accomplissement en Christ. Elles sont profitables — elles nous enseignent sur Dieu, sur le péché, sur ce que le sacrifice de Christ a accompli — mais le chrétien n'y est pas soumis, et il ne bâtit pas d'autel.
Saisissez cette seule distinction et cent difficultés se dissipent d'elles-mêmes. Le lecteur qui ne la saisit pas oscillera sans cesse entre la culpabilité de ne pas observer des cérémonies et la confusion devant des promesses faites à un autre peuple dans une tout autre circonstance.
Quand vous lisez, posez donc cette question toute simple : à qui s'adresse-t-on ici, et sous quelle économie ? Tout le livre est la Parole de Dieu pour nous ; tout commandement qui s'y trouve n'est pas pour autant le commandement de Dieu pour nous.
Vous rencontrerez des passages que vous ne comprendrez pas, et quelques-uns qui vous troubleront. Tout lecteur honnête en rencontre nécessairement. Voici quelques règles pratiques.
Vous rencontrerez des passages que vous ne pourrez pas suivre. Tout le monde en rencontre. Voici quoi en faire.
Ne vous arrêtez pas. Poursuivez. Bien de ce qui est obscur au début s'éclaire plus tard, car l'Écriture s'explique elle-même à mesure qu'on l'accumule.
Que le clair interprète l'obscur. Bâtissez sur ce qui est évident, et laissez le passage difficile en suspens plutôt que de lui faire renverser une chose évidente. Nul n'a jamais été ruiné pour avoir tenu un verset difficile d'une main légère ; bien des gens l'ont été pour avoir bâti un système sur un seul.
Demandez. Demandez à Dieu avant de demander à quiconque. Puis demandez à un croyant qui connaît le Livre mieux que vous — et méfiez-vous de quiconque a une réponse instantanée à tout.
« Les choses cachées appartiennent à l'Éternel notre Dieu, mais les choses révélées sont pour nous et pour nos enfants à jamais, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. » (Deutéronome 29:29)
Certaines choses ne nous regardent tout simplement pas encore. Ce verset donne la permission de laisser une question ouverte, et c'est une permission que bien des lecteurs inquiets n'ont jamais reçue.
Ne vous arrêtez pas. Marquez simplement l'endroit et poursuivez votre lecture. Un très grand nombre de difficultés reçoivent leur réponse plus loin dans le même livre, et s'arrêter pour tout résoudre garantit que vous n'achèverez jamais rien.
Laissez le clair interpréter le difficile. L'Écriture dit beaucoup de choses clairement et quelques-unes obscurément. Bâtissez sur ce qui est clair, et lisez l'obscur à sa lumière — jamais l'inverse.
Distinguez ce que vous ne comprenez pas de ce qui ne vous plaît pas. Ces deux choses se ressemblent et ne sont nullement identiques. La première appelle de la patience ; la seconde appelle de l'honnêteté.
Demandez. Il n'y a aucune honte à interroger un croyant qui lit depuis plus longtemps que vous. Les Béréens furent loués d'avoir vérifié, non pas d'avoir travaillé entièrement seuls.
Et acceptez que certaines choses demeurent sans réponse. Un livre écrit par un Dieu infini, qu'un lecteur fini pourrait épuiser en une seule vie, ne vaudrait pas grand-chose. La difficulté n'est nullement un défaut de l'Écriture ; elle est la preuve de sa profondeur.
Nos habitudes de lecture sont aujourd'hui façonnées par les écrans, et ce sont presque exactement les mauvaises habitudes pour ce livre-ci.
La vitesse est ici l'ennemie. Nul n'a jamais été nourri en lisant vite.
Mieux vaut lire cinq versets et y penser que trois chapitres et n'en rien retenir. Une seule phrase, retournée au long de la journée, fera davantage qu'un programme suivi anxieusement.
« Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, et qui ne se tient pas dans la voie des pécheurs, et qui ne s'assied pas au banc des moqueurs; Mais qui prend son plaisir dans la loi de l'Éternel, et médite sa loi jour et nuit. » (Psaumes 1:1-2)
Méditer, dans l'Écriture, n'est pas faire le vide dans son esprit ; c'est le contraire. C'est ruminer une chose, y revenir, la laisser agir.
Et lisez-en une partie à voix haute. Cela fut écrit pour être entendu, la plus grande part en fut d'abord reçue par l'oreille, et s'entendre le dire vous ramène à la bonne allure.
L'Écriture recommande la méditation — retourner un verset, demeurer avec lui, le laisser opérer. L'homme du premier psaume prend son plaisir dans la loi de l'Éternel et la médite jour et nuit. La méditation, ici, n'est nullement de vider son esprit, mais de le remplir d'une seule chose et de l'y tenir.
En pratique, cela signifie qu'il vaut mieux lire un seul paragraphe et y réfléchir que de parcourir cinq chapitres en diagonale. Si un verset vous arrête, arrêtez-vous et demeurez-y. Ce n'est nullement prendre du retard ; c'est le signe que la lecture opère.
La Parole a été comparée à une lampe :
« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière sur mon sentier. » (Psaumes 119:105)
Remarquez bien combien la promesse en est modeste. Non pas un projecteur éclairant tout le paysage — mais une lampe à mon pied. De la lumière juste assez pour le pas suivant. Et c'est très exactement ainsi que la chose opère : on ne vous montrera pas tout l'itinéraire, mais il vous sera donné assez de lumière pour avancer.
« Je n'ai pas le temps. » Presque toujours, cela signifie que la chose n'a pas de place. Celui qui attend une demi-heure libre attendra des années. Un quart d'heure à heure fixe, avant que la journée ne s'empare de vous, survivra à toutes les bonnes intentions. Et il vaut la peine d'être honnête sur l'emploi réel du temps ; la plupart d'entre nous trouvent bien un quart d'heure en regardant où est passée la dernière heure.
Les obstacles sont ordinaires, et les nommer leur ôte la moitié de leur force.
Le manque de temps. D'ordinaire faux, et facile à vérifier : la plupart d'entre nous peuvent rendre compte d'une heure passée sur un téléphone dont ils ne pourraient rendre compte dans une Bible. Dix minutes à une heure fixe valent mieux qu'une heure qu'on se promet toujours de trouver.
La culpabilité du trou. Un homme manque quatre jours, en a honte, et reste éloigné un mois parce que recommencer ressemble à un aveu. Recommencez, simplement. Il n'y a aucune pénitence à purger, et Dieu ne tient pas le compte que vous imaginez.
La sécheresse. Certaines saisons sont sèches. Continuez. La nourriture nourrit, que le repas ait été agréable ou non.
Et le péché dont on ne parle pas. Un péché non confessé donne au Livre le goût de la poussière, et aucun programme de lecture n'y remédiera. Si l'Écriture est devenue fade, l'ennui n'est peut-être pas dans votre méthode.
« Si j'eusse pensé quelque iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m'eût point écouté. » (Psaumes 66:18)
« Je ne ressens rien en lisant. » Parfois vous ressentirez quelque chose, parfois non, et le second cas n'est nullement un échec. Les repas ne sont pas toujours mémorables, et ils nourrissent tout de même. Lisez pour ce qui est vrai plutôt que pour ce qui se ressent, et le sentiment suivra assez souvent.
« Je n'y comprends rien. » La compréhension croît par la lecture elle-même, et non pas avant elle. Nul n'a jamais appris une langue en attendant de savoir la parler. Lisez ce que vous pouvez suivre, et les parties difficiles deviendront moins difficiles à mesure que le reste du livre se remplira autour d'elles.
« Je recommence sans cesse et j'abandonne. » Alors commencez par quelque chose de plus facile et de plus court, et n'essayez pas de rattraper les jours manqués. La culpabilité d'un programme rompu a mis fin à plus de lectures bibliques que la difficulté ne l'a jamais fait.
L'Écriture prétend agir sur le lecteur bien plutôt que de simplement l'informer.
« Sanctifie-les par ta vérité; ta parole est la vérité. » (Jean 17:17)
« Car la parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, perçant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des mœlles, et jugeant des pensées et des intentions du cœur; » (Hébreux 4:12)
Notez le sens de ce verset. Vous ouvrez le Livre pour l'examiner, et découvrez qu'il vous examine. Il discerne les pensées et les intentions du cœur — non pas seulement les actes, mais des motifs que vous ne vous étiez pas avoués.
« J'ai serré ta parole dans mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi. » (Psaumes 119:11)
Serrée dans le cœur, et non pas seulement rangée sur l'étagère. Ce qui y est déposé est disponible au moment de la tentation, précisément quand nul n'a le temps d'aller chercher une référence.
« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière sur mon sentier. » (Psaumes 119:105)
Une lampe pour le pied éclaire le pas suivant, non toute la route. C'est d'ordinaire tout ce qui nous est donné, et cela suffit pour marcher.
« Car la parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus pénétrante qu'aucune épée à deux tranchants, perçant jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des mœlles, et jugeant des pensées et des intentions du cœur; » (Hébreux 4:12)
Vivante — voilà le mot. Et c'est là l'étrange expérience que rapporte presque tout lecteur sérieux : le sentiment qu'à un certain moment le livre s'est retourné et s'est mis à le lire, lui. Il nomme des choses que vous n'avez jamais dites à personne. Il franchit les défenses et les explications longuement répétées, et il met le doigt sur le motif réel.
Et elle purifie également. Le psalmiste disait avoir serré la parole de Dieu dans son cœur afin de ne point pécher contre lui — ce qui est une stratégie, et non pas un sentiment. La vérité emmagasinée d'avance est ce dont on dispose au moment de la tentation, et l'on ne dispose de rien d'autre.
Et elle vous met à part :
« Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité. » (Jean 17:17)
Une dernière chose encore, et sans elle tout le reste peut fort mal tourner.
Le Seigneur Jésus-Christ reprit un jour des hommes qui sondaient diligemment les Écritures, croyant avoir en elles la vie éternelle — et qui refusaient de venir à lui, duquel ces Écritures mêmes rendaient témoignage. Il est donc possible de connaître le livre et de manquer entièrement la Personne, et c'est là la plus triste forme d'étude biblique qui soit.
Après sa résurrection, marchant avec deux hommes accablés de tristesse, il commença par Moïse et par tous les prophètes, et il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. Or tout le livre parle de lui. Lisez-le en le cherchant, lui, et il s'ouvre ; lisez-le comme un manuel de religion, et il se ferme.
« Toute l'Écriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour former à la justice ; Afin que l'homme de Dieu soit accompli, et propre à toute bonne œuvre. » (2 Timothée 3:16-17)
Si vous lisez ces lignes sans vous être jamais confié en Christ, ce livre demeurera pour vous une chose fermée au sens le plus profond, quelle qu'en soit la portion que vous sachiez citer. L'Évangile est pourtant bien simple, et le voici :
« Car il n'y a point de distinction, puisque tous ont péché, et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3:23)
« Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 6:23)
« Mais Dieu fait éclater son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:8)
« Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom. » (Jean 1:12)
« Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé. » (Actes 16:31)
Vous n'avez besoin ni d'un cours, ni d'un commentaire, ni d'un guide qualifié pour commencer. Il vous faut une Bible, un quart d'heure fixe, et la volonté de commencer par l'Évangile selon Jean.
Des hommes ont été brûlés vifs pour que ce livre existât dans votre langue, et il se trouve maintenant à portée de votre main, dans un pays où nul ne vous inquiétera pour l'avoir lu. Voilà donc un bien étrange héritage à laisser dormir sur une étagère.
Ne croyez personne sur parole quant à ce qu'il contient — ni un prédicateur, ni le présent article. Ouvrez-le et voyez par vous-même.
« …examinant tous les jours les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. »Actes 17:11
Rien de compliqué. Voici ce qu'un homme ou une femme qui travaille peut réellement tenir.
Fixez l'heure avant de fixer la quantité. Les mêmes dix minutes chaque jour — avant que la maison ne s'éveille, dans l'autobus, à la table de la cuisine après le souper. Une heure fixe survit à une mauvaise semaine ; les bonnes intentions, non.
Lisez un paragraphe, non un chapitre. Arrêtez-vous où la pensée s'arrête. Si un verset vous saisit, demeurez-y et ne lisez pas plus loin ; vous avez trouvé ce pour quoi vous étiez venu.
Écrivez une phrase. Non pas une étude. Une ligne sur ce que le passage a dit — et, s'il y a lieu, une chose à faire. L'écriture oblige l'esprit à ralentir et empêche l'œil de glisser.
Priez-le en retour. Redites à Dieu, dans vos propres mots, ce que vous venez de lire. Si c'est une promesse, remerciez-le. Si c'est un commandement, demandez du secours. Si c'est un avertissement, demandez d'en être épargné. Cela réunit la lecture et la prière en une seule chose au lieu de deux.
« Dessille mes yeux, afin que je voie les merveilles de ta loi. » (Psaumes 119:18)
Priez cela avant de commencer. Le même Auteur qui a donné le Livre doit ouvrir les yeux, et il n'a jamais refusé cette demande.
Et lisez-en une part avec d'autres. Autour d'une table à la maison, ou avec un seul ami. Vous verrez des choses qu'un autre croyant voit et devant lesquelles vous passiez depuis des années.
Il existe un danger propre aux gens qui lisent beaucoup, et il faut le dire clairement.
Un homme peut devenir expert d'un Livre auquel il n'obéit pas. Il peut tenir des vues exactes, bien les défendre, et demeurer entièrement inchangé. Les pharisiens connaissaient les Écritures mieux que la plupart d'entre nous ne les connaîtront jamais.
« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l'écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. » (Jacques 1:22)
Remarquez l'expression vous trompant vous-mêmes. Celui qui écoute ne trompe personne d'autre ; il se trompe lui-même, et le mécanisme en est que l'écoute donne l'impression d'avoir agi.
« Car, si quelqu'un écoute la parole, et ne la met point en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel; Et qui, dès qu'il s'est regardé, s'en va, et oublie aussitôt quel il était. » (Jacques 1:23-24)
Il a vu la tache sur son visage et s'est éloigné sans l'essuyer. Voilà ce que vaut un chapitre lu et non pratiqué.
Une seule question honnête, donc, au terme d'une lecture : y a-t-il ici quelque chose que je doive maintenant faire, cesser, dire ou réparer ? S'il y a quelque chose, faites-le avant la fin du jour.
La Bible n'est pas un recueil de textes religieux. C'est un seul livre, avec un seul sujet, et ce sujet est une Personne.
Il l'a dit lui-même de l'Ancien Testament, à des hommes qui le lisaient par métier :
« Vous sondez les Écritures, parce qu'en elles vous croyez avoir la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez point venir à moi, pour avoir la vie. » (Jean 5:39-40)
Voilà l'avertissement le plus tranchant de tout cet article. Il est possible de sonder les Écritures avec diligence, toute sa vie, et de ne jamais venir à Celui dont elles parlent. La lecture n'est pas la destination. Il l'est.
Et sur le chemin d'Emmaüs, marchant avec deux hommes abattus, il ne les a pas consolés par des sentiments. Il leur a donné une étude biblique :
« Puis, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les Écritures, ce qui le regardait. » (Luc 24:27)
Moïse. Les prophètes. Toutes les Écritures. Les choses qui le concernaient.
Lisez donc en le cherchant. Dans l'agneau de la Pâque, dans le rocher frappé au désert, dans le bouc émissaire, dans le proche parent rédempteur, dans le serviteur souffrant d'Ésaïe, dans le Berger du vingt-troisième Psaume. Il est à chaque page, tantôt en ombre et tantôt en pleine lumière.
Et quand les yeux s'ouvrent enfin, ce n'est pas avec des informations qu'un homme s'en va :
« Et ils se dirent l'un à l'autre: Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin, et qu'il nous expliquait les Écritures? » (Luc 24:32)
Notre Père céleste plein de grâce, nous venons nous présenter devant Ton trône de grâce par le nom précieux et par le mérite parfait de notre Seigneur Jésus-Christ, qui seul a ouvert le chemin qui mène jusqu'à Ta présence.
Nous Te rendons grâces pour Ton Fils bien-aimé, et pour Celui qui ouvrit les Écritures et fit brûler les cœurs sur le chemin. Nous Te louons également pour Ta Parole préservée, laquelle déclare : « Ta parole est une lampe à mon pied » (Psaumes 119:105), et qui ne saurait être anéantie.
Nous confessons devant Toi de posséder beaucoup de Bibles et de les lire fort peu. Pardonne-nous, nous T'en supplions, et purifie-nous entièrement, car Tu es fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et pour nous purifier de toute iniquité.
Nous Te supplions pour toute âme qui lit ces lignes et qui est encore sans Christ. Envoie Ton Saint-Esprit afin de la convaincre de péché, de justice et de jugement ; ouvre son intelligence aux Écritures ; ôte de ses yeux le voile qui les couvre ; et attire-la vers Ton Fils avant même que ce jour ne s'achève.
Fortifie Ton peuple qui la lira. Console ceux qui sont découragés, affermis ceux qui chancellent, relève ceux qui sont tombés, et fais que nul ne s'en aille d'ici les mains vides. Et sers-Toi de ce message pour remets le Livre entre les mains de chaque lecteur, et ouvre-le-lui, pour Ta gloire et non pour la nôtre.
Nous Te demandons tout cela, ô Dieu, notre saint Père céleste, au nom précieux de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par la puissance et l'onction du Saint-Esprit. Amen.
Avant de fermer cette page, il est une question qui compte bien davantage que tout ce que vous venez de lire : si vous mouriez cette nuit, savez-vous où vous seriez ?
Nul ne saurait être sauvé en adhérant à une église, en se faisant baptiser, en donnant de l'argent, ni même en menant une vie parfaitement honnête. Le salut n'est nullement un salaire que l'on gagne à la sueur de son front ; c'est un don gratuit que l'on reçoit. Nous avons tous péché, le salaire du péché c'est la mort, et il existe un enfer réel préparé pour le péché — mais le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort sur la croix à la place même du pécheur, a été enseveli, et est ressuscité le troisième jour selon les Écritures.
Si vous vous reconnaissez pécheur, et que vous soyez disposé à vous détourner de votre péché et à vous confier en Lui seul, alors parlez à Dieu dès maintenant. Il n'existe aucune formule magique — mais si ces paroles sont le cri de votre cœur, priez-les et pensez-les :
Ô Dieu saint et tout-puissant, je viens à Toi tel que je suis, sans rien cacher. Je confesse que je suis pécheur. J'ai transgressé Ta loi, je me suis détourné pour suivre ma propre voie, et je mérite le jugement et le feu éternel que mon péché a mérités. Je ne puis en aucune façon me sauver moi-même, et je ne T'apporte rien.
Je crois que le Seigneur Jésus-Christ est Ton Fils ; qu'Il m'a aimé et qu'Il est mort sur la croix à ma place, versant Son sang précieux pour mes péchés ; qu'Il a été enseveli, et qu'Il est ressuscité le troisième jour.
Ici et maintenant, je me détourne de mon péché de tout mon cœur, et je me confie en Lui seul — non en mes œuvres, non en ma religion, non en ma bonté — pour me sauver. Seigneur Jésus, entre dans mon cœur, pardonne mon péché, et sois mon Sauveur dès cet instant et pour toujours.
Au nom précieux de notre Seigneur Jésus-Christ je prie. Amen.
1. Dites-le à quelqu'un aujourd'hui même. « Si tu confesses de ta bouche que Jésus est le Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10:9).
2. Commencez à lire la Bible. Débutez par l'Évangile selon Jean, puis lisez les Actes, puis l'épître aux Romains. Lisez-en un peu chaque jour. « Désirez avec ardeur le lait spirituel et pur, afin que vous croissiez par son moyen » (1 Pierre 2:2).
3. Parlez chaque jour à votre Père. Vous pouvez désormais venir à Lui avec une pleine confiance, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Aucun rendez-vous n'est nécessaire, ni la permission d'aucun homme.
4. Trouvez une église qui croit la Bible, et faites-vous baptiser. Non pas pour être sauvé — vous l'êtes déjà — mais bien par obéissance, et comme confession publique de ce qui vient de vous arriver.
5. Reposez-vous en ceci, et ne soyez pas ébranlé par vos sentiments. « Celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle, et il ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24). Vous pécherez encore ; et lorsque cela arrivera, confessez-le aussitôt et poursuivez votre route — « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9).